Petite fille au supermarché

BEUG HUMAIN

CONTRE LES VIRUS

Avez-vous entendu parler du concept de dépassement ?

C'est un journaliste de France Inter, Axel Villard, qui a un jour fait les calculs sur le degré d'épuisement des ressources agricoles au niveau mondial.

En imaginant sur une année la capacité de production versus consommation de la planète, quand en 1987 on équilibrait au 19 décembre, aujourd'hui nous avons épuisé toutes les ressources !

Nous sommes donc surendettés et nous puisons dans des réserves que nous ne pourrons pas reconstituer !

Les spécialistes ont nommé ce phénomène, capacité porteuse. En gros, la capacité porteuse d'un écosystème est le nombre maximal d'individus que cet écosystème peut tolérer. Si ce nombre est trop important suite à une trop forte croissance démographique, les ressources s'épuisent et les individus meurent.

C'est ce qui se passe dans une boîte de pétri. Placez dans un tube à essai quelques microgrammes de bactéries, maintenez-les à une température idéale et donnez-leur à manger une solution sucrée. Au bout de 12 heures vous avez des milliards de bactéries en suspension. En se divisant toutes les 20 minutes, leur population grandit tant qu'il y a à manger. Seulement, si les réserves s'épuisent, car en 20 minutes les bactéries passent de 500 milliards à 1000 milliards, et s’il n'y a plus de ressources, c'est l'hécatombe en quelques minutes.

L'échelle de temps humain est différente, mais nous avons dépassé la limite et allons aveuglément vers notre destruction…

Tout le monde connaît l'histoire de l'île de Pâques. Il y avait à peu près 15 000 personnes au XIIe siècle sur cette île perdue au milieu du Pacifique. Pas question de ravitaillement d'autres pays, il fallait se débrouiller avec ce qu'on avait.

Il y eut les années prospères où ils battirent une civilisation florissante basée sur l'industrie du bois, la construction de navires et l'édification des célèbres statues qui sont hélas devenues le symbole de ce peuple disparu. Quand ils eurent coupé le dernier arbre et qu'ils eurent prélevé tout ce qui pouvait l'être, ils commencèrent à décliner pour se retrouver à moins de 2000 au XVIIIe siècle. Puis, à court de ressources, ils finirent par disparaître car le continent le plus proche était à 4000 km...

Aujourd'hui, l'université de Leeds en Angleterre, a révélé que la plupart des pays industrialisés sont régulièrement en situation de dépassement des ressources sur les critères vitaux comme l'exploitation de l'eau, de l'azote, du phosphore, de l'empreinte écologique, de la surconsommation matérielle et des émissions des gaz à effet de serre.

Notre envie de confort n'a pas de limites. Les succès technologiques sont en train d'épuiser nos ressources et de réchauffer notre climat.

Qui s'en soucie ?

Sommes-nous prêts à faire des concessions ? À moins consommer, à faire une croix sur nos avantages modernes, sous prétexte que les scientifiques nous disent que nous creusons notre tombeau à ciel ouvert et ce, de plus en plus rapidement ?

Vous voyez bien qu’en France nous avons subi des canicules records qui ont détruit de nombreuses exploitations, ce qui va augmenter les coûts d'approvisionnement tant que c'est encore possible et entraîner de nombreuses faillites, quand ce ne seront pas des flux migratoires de réfugiés climatiques.

Nous savons, mais nous n'agissons pas.

Tout comme l'île de Pâques, nous sommes perdus au milieu de l'univers et nous n'avons pas d'autre terre ou aborder et il y va de notre survie en ce qui concerne la préservation de nos sols et de notre bio diversité naturelle.

Nous vivons un véritable paradoxe.

D'un côté, notre cerveau est programmé pour poursuivre des objectifs basiques de survie :

« Manger, se reproduire, acquérir du pouvoir et ceci en faisant un minimum d'efforts et glaner un maximum d'informations sur son environnement ».

Pour cela, le cortex s'est développé et a permis d'adopter des comportements de plus en plus complexes. Mais le cortex n'est qu'une arme et cette arme est entre les mains de son propriétaire, le striatum, qui décide de l'usage qu'il faut en faire.

Le striatum était déjà présent il y a des millions d'années chez la lamproie, légué à des millions de générations de poissons, d'amphibiens, de reptiles et de mammifères. Ce petit noyau profond s'est transmis à travers les âges, se révélant indestructible car sans lui, point de survie.

Le striatum est composé du noyau caudé, du putamen et du noyau accumbens. Enfouie plus bas dans le tronc cérébral, se trouve une 4e zone appelée aire Tegmentale ventrale qui approvisionne les 3 premières en dopamine.

Revenons à nos chasseurs, pêcheurs, cueilleurs du paléo.

Lorsqu'ils capturaient une proie, ils passaient des jours entiers à manger, à bâfrer pourrait-on dire, car ils n'avaient pas de frigo et les animaux carnivores pouvaient leur prélever leur proie. Il fallait donc manger la plus grande quantité possible en un temps réduit avant que la viande ne se décompose et ils ne savaient pas quand ils auraient le prochain repas.

On peut aujourd'hui retrouver ces l'instincts chez les boulimiques et chez les personnes consommant de la Malbouffe industrielle.

Cette capacité à stocker de grande quantité de calories a été le garant de la survie de nos ancêtres pendant des millions d'années. Ce comportement de manger sans faim démontre le fonctionnement de notre cerveau qui est en quête de récompense et qui suscite du plaisir à chaque fois que nous exécutons une action qui assure notre survie.

L'élément crucial de notre survie, c'est le striatum qui en est l'acteur principal.  La faim indique un signal que nous vivons un déséquilibre dans les paramètres physiologiques de notre organisme. Mais pour avoir le désir de manger, il faut une incitation et c'est le striatum qui justement fait naître ces incitations. 

Il nous pousse à l'action : manger, copuler, explorer, conquérir, dominer ! En retour, il inondera le cortex de dopamine et de plaisir. Bon deal, non ?  Sans ces incitations, nous n'aurions goût à rien et notre programme de survie serait en péril. Le striatum c'est la vie. 

Sans lui, nous n'existerions pas aujourd'hui. Seuls ont subsisté ceux qui, dans leur cerveau, possédaient cette petite glande qui leur soufflait de manger ; car ce n'était pas donné à tout le monde de copuler pour assurer sa descendance et plus cette zone était développée, plus l'individu avait des chances de transmettre ses gènes à la postérité, de dominer, ce qui lui garantissait des ressources matérielles et des partenaires sexuels (rien qu'à voir tous les scandales sexuels de ces derniers temps d'hommes d'affaires et d'hommes politiques sexuellement détraqués et avides de biens matériels...) et d'avaler un maximum d'informations sur le monde pour augmenter sa chance de survie et de s'en sortir.

Cela va vous sembler caricatural, mais c'est bien ainsi que les choses fonctionnent et cela reflète bien la stricte réalité du fonctionnement de nos neurones

@2019 acmé éditions | contact@acmeditions.com I +33 2 23 45 32 43 I conception & réalisation catherine mantelet

  • Facebook Social Icône
  • LinkedIn Social Icône
  • Icône social Instagram
  • Icône sociale YouTube