Haute altitude : vivre à la limite de ce que le corps humain peut supporter

Mis à jour : mars 26


La Rinconada (Pérou), 5300 mètres d'altitude, la ville la plus haute du monde. C'est ici que l'équipe scientifique menée par Samuel Vergès, du laboratoire Hypoxie et physiopathologie (HP2, Inserm et université Grenoble-Alpes), a constitué un laboratoire éphémère grandeur nature, en 2019, à la rencontre de ceux qui naissent, grandissent et vivent aux limites de ce que peut supporter le corps humain dans un air appauvri à 50% d'oxygène. L'objectif scientifique (car il en est un humanitaire également) de cette Expédition 5300 : développer la connaissance scientifique relative aux adaptations et maladaptations de l'organisme humain à l'environnement extrême que représente l'hypoxie de haute altitude. Si la très grande majorité des peuples de haute altitude se sont adaptés (y compris génétiquement parlant) à leur environnement au fil des générations, un pourcentage non négligeable d’individus parmi ces peuples (10-20%) n’arrivent pas à parfaitement tolérer l’hypoxie d’altitude et développent des symptômes correspondant au mal chronique des montagnes, pouvant conduire à des complications et pathologies parfois mortelles, souligne l'équipe.

En 2019, deux groupes d’habitants de La Rinconada présentant ou non des signes d’intolérance à l’hypoxie et de mal chronique des montagnes ont été évalués précisément depuis leur profil génétique jusqu’à la qualité de leur sommeil et leurs capacités à l’effort physique, en passant par leurs caractéristiques hématologiques, cardiovasculaires et cérébrales. Des données exceptionnelles ont ainsi été récoltées : par exemple, un taux d’hématocrite supérieur à 80%, qui nous mènerait, nous habitants des plaines, direct aux urgences, avec des vaisseaux sanguins très dilatés, une dilatation quasi à son maximum...

Si l'énigme scientifique n'est pas encore résolue, cela a permis d'explorer différemment le monde de l'hypoxie en remettant en cause la conception traditionnelle suggérant un lien direct entre polyglobulie excessive et mal chronique des montagnes, et ainsi révélé l'existence de mécanismes intermédiaires semblant plus complexes.

Expédition 5300 remet ça en février 2020. Un laboratoire grandeur nature sera de nouveau constitué à la Rinconada "afin de collecter de nouvelles données, ainsi que pour proposer un protocole de soins aux habitants présentant des signes d’intolérance à l’hypoxie et de mal des montagnes".


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