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LES ARTICLES DE MYRIAM MARINO

LETITIA E. PEPPER, AVOCATE AMÉRICAINE, EST UNE ARDENTE DÉFENSEUSE DU CANNABIS À USAGE MÉDICAL, et pour cause : c’est le seul « traitement » qui lui a permis de lutter contre les douleurs de la sclérose en plaques dont elle souffre, ce sans effets secondaires… Elle aime à dire qu’elle a fait économiser 600 000 dollars à sa compagnie d’assurance sur les neuf dernières années, utilisant du cannabis thérapeutique en lieu et place d’une large gamme de médicaments sur ordonnance pour traiter sa maladie invalidante. « C’est 600 000 dollars que l’industrie pharmaceutique n’a pas faits, sur un seul et unique patient ».

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QUAND LE CANNABIS

Outre-Atlantique, plus de la moitié des États ont légalisé le cannabis à usage médical. On n’en est pas là en France, mais un premier pas vient d’être franchi dans la reconnaissance de son utilité possible dans certaines pathologies. La France va ainsi rejoindre les 17 pays européens qui mènent déjà une expérimentation sur le cannabis à usage thérapeutique.

 

« Cette expérimentation n’a pas pour but de montrer l’efficacité ou non du cannabis dans le traitement de maladies ou de symptômes », pose d’emblée l’Agence nationale de sécurité du médicament et des produits de santé (ANSM). « Les experts et l’ANSM sont partis du principe, au vu notamment de données cliniques, de certaines études de la littérature scientifique, de l’utilisation effective dans certains pays, etc.… le cannabis pouvait être efficace dans certains symptômes de certaines pathologies ».

 

Évaluer la faisabilité et la pertinence

L’ANSM a initié ces travaux sur le sujet en septembre 2018 par la création d’un comité scientifique « sur l’évaluation de la pertinence et de la faisabilité de la mise à disposition du cannabis à usage thérapeutique en France ». Qu’est-ce qui a motivé la mise en œuvre de cette réflexion par l’ANSM ? Plusieurs facteurs, énumère-t-elle : des données scientifiques convergentes montrant un intérêt du cannabis dans le traitement de certains symptômes dans différentes pathologies, une demande de plus en plus forte des patients et de professionnels de santé, et le fait que de nombreux pays dans le monde et en Europe avaient déjà mis en place le cannabis à usage médical.

Le comité scientifique temporaire créé donc à cette occasion a retenu cinq indications :

l Dans les douleurs neuropathiques réfractaires aux thérapies (médicamenteuses ou non) accessibles

l Dans certaines formes d’épilepsie sévères et pharmacorésistantes

l Dans le cadre de soins de support en oncologie (nausées, vomissements, perte d’appétit…)

l Dans les situations palliatives

l Dans la spasticité douloureuse de la sclérose en plaques ou des autres pathologies du système nerveux central

Comme le soulignait Serge Perrot, rhumatologue, au micro d’Europe 1 le 3 septembre 2019 : « En France, on considère qu’environ 12 millions de personnes souffrent de douleurs chroniques. Dans ces cas-là, les médicaments ne sont pas très efficaces. On estime qu’environ 4 millions de Français n’ont pas de solutions et pourraient justifier d’un traitement au cannabis. Le cannabis soulage, détend, améliore le sommeil et l’anxiété ».

 

Pas en première intention…

Chez les patients entrant dans le cadre des cinq indications citées plus haut, le  traitement à base de cannabis à usage thérapeutique sera « mis en dernière ligne », précise l’ANSM, c’est-à-dire « en cas de soulagement insuffisant ou d’une mauvaise tolérance (effets indésirables) des thérapeutiques médicamenteuses ou non accessibles, et notamment des spécialités à base de cannabis ou de cannabinoïdes déjà accessibles ».

 

Ça se bouscule déjà au portillon !

Cette expérimentation devrait débuter en septembre prochain. Elle concernera 3 000 patients. « Cela fait quatre mois que nous travaillons sur le sujet et les centres spécialisés sont submergés de demandes de patients », rapporte Nathalie Richard, directrice adjointe des médicaments antalgiques et stupéfiants de l’ANSM et chargée de cette expérimentation.

Elle est prévue pour durer au maximum deux ans : six mois d’inclusion des patients, six mois de suivi des patients et six mois d’analyse des données et de remise d’un rapport au Parlement.

 

Sous quelle forme le cannabis sera-t-il proposé ?

Parmi la panoplie des diverses formes utilisées pour cet usage thérapeutique, pas de petit joint ! Considérant les risques pour la santé (liés à la combustion),  précise l’Agence, elle a « exclu la voie fumée pour le cannabis à visée thérapeutique ».

Il s’agira de médicaments à base de fleurs séchées de cannabis et d’extraits à spectre complet avec la mise à disposition de formes à effet immédiat : sublinguales et inhalées (huile et  fleurs séchées pour vaporisation…), et de formes à effet prolongé : orales (solutions buvables et capsules d’huile…).

La composition de ces produits sera définie par leurs teneurs en delta-9-tétrahydrocannabidol (THC) et cannabidiol (CBD), qui sont les deux composants du cannabis.

Par exemple, le CBD, qui a un effet relaxant va traiter plutôt l’épilepsie, et le THC, qui a un effet psychodysleptique, « c’est-à-dire qu’il vous fait planer », explique Serge Perrot, va agir sur la douleur.

 

 

Comment faire partie des 3 000 ?

Les patients souhaitant participer l’expérimentation doivent en parler à leur médecin traitant ou au spécialiste qui les suit, qui devra prendre alors contact avec un centre de référence (s’il n’en fait déjà partie).

 

Les données scientifiques « pleuvent »

Pour conclure, ainsi que nous énumérions dans le numéro 34 d’Enquêtes de santé, le cannabis a une valeur thérapeutique significative dans un large éventail de maladies parmi lesquelles le cancer, la maladie d’Alzheimer, l’épilepsie, le glaucome, les maladies pulmonaires, l’anxiété, les spasmes musculaires, l’hépatite C, les maladies inflammatoires chroniques de l’intestin (MICI) et les douleurs arthritiques. Notamment.

Concernant les composants de la plante, des études ont montré que le THC avait vingt fois le pouvoir anti-inflammatoire de l’aspirine et deux fois celui de l’hydrocortisone. Quant au CBD, il livre également une liste impressionnante de bienfaits thérapeutiques, notamment en tant que «  super-antibiotique ». C’est un tueur de « superbactéries », ces résistantes qui nous mènent la vie dure.

Et les recherches continuent, qui permettront d’en connaître un peu plus sur les mécanismes d’action du cannabis et ses éventuelles indications médicales en vue de son intégration dans le parcours de soins.

En savoir plus :

Cannabis à usage médical en France : Les conditions de l’expérimentation se précisent – Point d’information :

https://ansm.sante.fr/S-informer/Actualite/Cannabis-a-usage-medical-en-France-Les-conditions-de-l-experimentation-se-precisent-Point-d-Information

Dossier cannabis à usage médical en France :

https://www.ansm.sante.fr/Dossiers/Cannabis-a-usage-medical/Situations-therapeutiques-pour-lesquelles-l-usage-du-cannabis-est-pertinent/(offset)/0

Les contre-indications et précautions d’emploi

L’ANSM rappelle que le cannabis à usage médical est contre-indiqué aux femmes enceintes et allaitantes. Elle préconise la mise en place d’une contraception efficace pour les femmes en âge de procréer, et la mise en garde sur l’aptitude à conduire des véhicules et à utiliser des machines. Enfin, elle conclut que la prescription est possible quel que soit l’âge si le bénéfice est supposé favorable compte tenu de la sévérité du trouble.

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